Jean-Pierre Fabre – CENI : la grosse bourde d’un prétendu nationaliste

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Jean Pierre Fabre

Dans une interview fleuve accordée à une radio de la place, le « chef de file sortant » de l’opposition togolaise a laissé entendre qu’il souhaitait que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) soit dirigée par une personnalité étrangère. Une sortie qui provoque des remous jusque dans les rangs de son parti.

Il y a très exactement 60 ans, des peuples africains osaient dire « non » aux colons, préférant la souffrance dans la liberté qu’une fausse aisance dans la soumission. Au moment où l’Afrique toute entière célèbre la Guinée, des leaders politiques manifestement peu inspirés font des déclarations qui renverraient dans leurs tombes les pères de l’indépendance togolaise. Dans une interview fleuve accordée à nos confrères de Victoire FM ce 1er octobre, le « chef de file sortant » de l’opposition togolaise a insinué qu’une CENI dirigée par un Togolais ne pouvait garantir des élections crédibles et transparentes. Sacrilège !

Contre-courant

Comment comprendre la volonté de Jean-Pierre Fabre de placer sous tutelle l’un des symboles de la souveraineté d’un peuple ? Au moment même où de nombreux pays africains refusent toute assistante financière étrangère pour l’organisation de leurs processus électoraux, le leader d’un parti qui se réclame régulièrement d’être dans la lignée idéologique des Pères de l’indépendance du Togo fait une proposition qui a surpris au sein même de l’ANC. De sources dignes de foi, juste après cette interview, une dizaine de cadres de ce parti se seraient retrouvés pour étudier la possibilité d’un désaveu public à cette sortie de l’homme fort de Kodjoviakopé. « Même en Côte d’Ivoire, aux temps forts de la crise, personne n’a jamais songé faire diriger la commission électorale par des étrangers », nous a confié sous anonymat l’un des cadres visiblement déçu de la proposition de son « patron ».

Recadrer JPF

Ces derniers mois, l’éternel président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) enchaîne les erreurs politiques et les bourdes médiatiques. Au point où son parti soit sous la menace d’une belle raclée électorale infligée notamment par le Parti national Panafricain de Tikpi Atchadam qui pourrait lui infliger de lourdes défaites dans ses « fiefs » historiques. Celui qui rêve de conserver le plus longtemps possible son fauteuil de « chef de file de l’opposition » multiplie les stratagèmes pour repousser continuellement les élections et jouir au maximum des avantages liés à son statut. C’est ainsi qu’au moment même où il se taille la part du lion en envoyant ses « amis » du parti à la « mangeoire » de la CENI, Jean-Pierre Fabre demande au peuple de boycotter le recensement. Curieux n’est-ce pas ? Les bourdes de patron de l’ANC s’empilent et conduisent le parti vers des résultats pareils à ceux de l’UFC en 2013. Chose que des sages du parti souhaitent éviter en recadrant leur président. Vont-ils y arriver ?

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