Pourquoi l’UFC doit garder sa place au sein de la CENI ?

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Gil Ufc
Olympio Gilchrist UFC

Le courrier envoyé par le Président de l’Union des forces de changement (UFC) au Président de l’Assemblée nationale afin de maintenir son représentant au sein de la Commission électorale continue de susciter de nombreux commentaires. Au-delà des calculs purement politiciens, le parti de Gilchrist Olympio n’a t-il pas le droit de siéger à la CENI ?

C’est par une simple lettre de deux paragraphes à peine adressée au Président de l’Assemblée nationale que l’emblématique patron de l’UFC s’est replacé au centre des intrigues depuis quelques jours. Gilchrist Olympio a en effet demandé que son représentant au sein de la CENI y soit maintenu au titre des partis de l’opposition parlementaire. Cette sortie qui alimente les débats pose néanmoins quelques problèmes juridiques et interrogent même sur le sens de la « démocratie » que certains veulent instaurer au Togo.

Qui pour désigner les représentants de l’opposition ?

Dimanche 30 septembre. Un courrier signé des mains de Mme Ameganvi, patronne du groupe parlementaire ANC à l’Assemblée nationale et adressé au président de l’institution, donnait une liste de personnes censées siéger à la CENI au nom de l’opposition. Les experts pointent une série de manquements aux règles légales, notamment au code électoral. En effet, il revient selon la loi aux responsables des partis politiques d’envoyer leurs propositions à la représentation nationale, seule habileté à procéder à leur élection. Or dans le cas-ci, la présidente du groupe parlementaire ANC a envoyé des noms de personnes issues d’autres partis de l’opposition parlementaire, extra-parlementaire et de la société civile. A quel titre ? Et les autres partis inscrits au rang de l’opposition sur les bancs de l’Assemblée nationale ? Pour mémoire, l’UFC qui revendique sa place au sein dispose de deux députés (trois au début de la législature avant la fronde de Djimon Oré) au même titre que l’ADDI qui a obtenu une place sur la liste Ameganvi.

Injustice

« Au Togo, les véritables dictateurs semblent se trouver dans les rangs de ceux qui se proclament démocrates », analyse un ancien député de l’UFC. Ce dernier se demande sur quelle base peut-on refuser à l’UFC de siéger à la CENI au rang de l’opposition parlementaire. Les partisans de l’ANC répondent que l’UFC participe au gouvernement Klassou et donc ne pourrait se prévaloir du statut de parti d’opposition. Comme si le seul fait pour un parti, sur la base d’un accord, de participer à un gouvernement suffisait à lui retirer son statut de parti d’opposition. Il suffirait de regarder ailleurs pour se convaincre de la mauvaise foi des partisans de cette théorie. Mais pour être totalement honnête, l’UFC se laisse prendre à sa propre mauvaise foi d’hier, lorsque, parti tout puissant de l’opposition, elle refusait de voir en ceux qui osaient dialoguer avec le pouvoir des personnes dignes de se prévaloir du statut d’opposants. Ce n’est pas Me Yawovi Agboyibo qui nous dirait le contraire. L’ANC devrait quand même faire attention à ne pas commettre les mêmes erreurs que paient l’UFC aujourd’hui. « Les mêmes causes produisent les mêmes effets dans les mêmes conditions », dit-on.

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