Togo : l’étau se resserre autour des corrompus de la République

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Essohana Wiyao, président de la HAPLUCIA

Ils se croyaient à l’abri et aidés par l’usure du temps. Mais hélas, les indélicats épinglés ou présumés tels répondront d’actes de corruption.

À cet effet, la Haute autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA) a transmis au procureur près le tribunal de première instance de première classe de Lomé deux dossiers. Il s’agit des affaires de la CAN/2013 et de la route Lomé-Vogan-Anfoin. Une toute première dans la vie de cette institution matérialisant la volonté de traquer les délinquants financiers du pays.

Dans l’affaire de la CAN 2013, il est question d’un trou dans les fonds mis à la disposition de la sélection nationale pour la compétition en Afrique du Sud. 629 millions de francs CFA seraient volatilisés selon les résultats du cabinet d’audit International Investment Corporation (IIC). Quant au deuxième dossier, il porte sur les fonds alloués pour la réhabilitation du tronçon Lomé-Vogan-Anfoin (long de 61 km). Lancés depuis fin janvier 2014, les travaux sont toujours en cours, les fonds (23 milliards de francs CFA) se sont évaporés. Les auteurs ou les complices de ces scabreuses affaires pourront désormais être écoutés par la justice pour répondre de cette forfaiture contre les finances publiques. “C’est une bonne nouvelle pour la lutte contre la corruption au Togo”, estime un acteur de la justice sous couvert de l’anonymat.

Saisie désormais de ces dossiers, la justice togolaise compte frapper dans la fourmilière dont les tentacules sont corrosifs et dévastateurs pour la cohésion sociale et la gouvernance. Tout aussi engagé dans la lutte contre l’impunité, le gouvernement attend d’heureux aboutissements de ces dossiers. Surtout qu’il ne cesse de mettre une politique efficace et des actions efficientes de lutte contre le phénomène de la corruption. Cela a permis de faire évoluer la perception de la corruption ces dernières années, même si les résultats ne sont pas encore à la hauteur des enjeux. Contrairement à d’autres pays dans cette lutte, les organes mis en place au Togo sont dotés de moyens suffisants. Les législations adoptées ne comportent pas des failles au point de rendre leur application inefficace. La Haute autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA) vient de donner le top. D’autres dossiers seront également transmis.

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