Présidentielle 2020 : A quel jeu joue l’épiscopat togolais?

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Conference Des Eveques Du Togo Cet
Conférence des Evêques du Togo

Ils sont à raison considérés comme les voix de la sagesse. Mais à Lomé, l’église catholique semble en perdre l’écho. Ses récentes sorties et ses nombreuses déclarations qui non seulement revendiquent la confusion mais relèvent plus d’une absence de sagesse. Soit c’est à l’initiative de Mgr Philippe Fanoko Kpodzro, l’archevêque émérite de Lomé. Soit c’est la Conférence des évêques du Togo (CET). Comme la semaine dernière. Et chaque fois, tellement, les mots sont parfois si durs et les accusations aussi graves au point où on est en droit de se demander à quel jeu joue le prélat togolais ?

D’un côté, ils appellent à une “suspension immédiate du processus électoral” qu’ils jugent à tort d’unilatéral dans la perspective de la présidentielle 2020. D’un autre, ils laissent croire à un “manque manifeste de volonté politique de construire un État de droit et de démocratie”. Deux faces d’une même médaille en somme. Des positions en parfaite contradiction avec le contexte aseptisé et ayant déjà considérablement évolué pour des échéances présidentielles. Sinon, quelle est encore l’utilité de la réorganisation de la Commission électorale nationale indépendante, la recomposition de la Cour constitutionnelle ou encore la modification du code électoral alors même que toutes les réformes constitutionnelles ont déjà pris en compte ces volets !? Quels sont les actes concrets qui induisent le manque de volonté politique sur lequel surfe l’épiscopat togolais !?

En vérité, l’église catholique sert le jeu de l’opposition et contribue plus à une crispation du climat politique. A l’analyse, c’est ce qui en ressort. Déjà, dans la perspective des précédentes élections locales, une messe présidée par l’archevêque émérite pour implorer “l’assistance divine” sur les candidats de l’opposition réunis dans la coalition C14 avait été dite le 26 juin à la paroisse Marie Mère du Rédempteur d’Adidogomé, à Lomé. Quelle incurie ! Même la mise au point de la Conférence Épiscopale Togolais (CET) ne fit rien tellement la relation est incestueuse.

En clair, l’église catholique au lieu de contribuer à un climat de paix et de cohésion sociale accompagne l’opposition dans son plan de pervertir le processus électoral et d’instaurer un climat de tension. La suspension immédiate du processus électoral ne fera qu’un précédent grave à la modernité de la démocratie en cours au Togo. Dire que “plutôt que de susciter la fierté et l’engouement de pouvoir choisir librement leur futur président de la République, la perspective des prochaines élections présidentielles ravive dans la mémoire de nos compatriotes le souvenir amer de scènes de violence et d’horreur” n’est qu’un appel à la crise. L’épiscopat togolais n’est pas dans une dynamique de paix.

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